Mare Nostrum — Quand l’Antiquité refuse de vieillir

Certains jeux traversent les années sans prendre une ride. Mare Nostrum, signé feu Serge Laget, est de ceux-là. Édité pour la première fois en 2003 puis réédité en 2016, ce jeu de civilisation méditerranéen m’attendait patiemment — et la rencontre a été à la hauteur.

La découverte

C’est lors d’un week-end ludique à Teuven, dans le Limbourg, que j’ai enfin posé les mains sur Mare Nostrum. Je pensais qu’il serait devenu introuvable. Par chance, après cette première partie coup de foudre, le dernier exemplaire m’attendait chez mon ludicaire préféré, Ludotrotter.

Ce qui se passe autour de la table

Mare Nostrum coche énormément de cases. L’Antiquité méditerranéenne comme toile de fond. Un jeu de civilisation avec une durée compacte — comptez environ 1h30 à quatre joueurs. Et des règles finalement assez accessibles pour un jeu de cette ambition.

Il m’a rappelé mes heures sur Le Maître de l’Olympe : Zeus et Age of Empires sur PC. Ce sentiment de bâtir, de s’étendre, d’observer ses voisins d’un œil méfiant. Sauf qu’ici, vos voisins sont assis en face de vous — et ils vous regardent aussi.

Les mécaniques

Mécaniquement, Mare Nostrum tourne remarquablement bien. Pas étonnant quand on parle de Serge Laget. Le jeu repose sur un système de majorité sur plusieurs axes : commerce, culture et militaire. Chaque axe détermine qui dirige la phase correspondante, créant une tension permanente entre spécialisation et équilibre.

L’échange de ressources est au cœur de l’expérience. C’est là que les discussions s’enflamment, que les alliances se forment — et se brisent. La conquête est simple mais efficace, jamais envahissante au point de noyer le reste.

Ce que j’ai le plus aimé

Mais ce que j’ai le plus aimé, c’est autre chose. Les discussions. Les alliances temporaires. Les petits complots quand un joueur commence à prendre trop d’avance. Autour de la table, ça parlait, ça négociait, ça s’observait. Et au final, le vainqueur a été celui qu’on avait presque oublié.

Le système de héros, qui apportent des bonus stratégiques, ajoute aussi une belle couche de personnalisation. Chaque héros oriente subtilement votre stratégie sans la verrouiller, ce qui enrichit considérablement la rejouabilité.

Le bémol

Mon seul bémol concerne l’équilibre entre civilisations. Selon celle choisie au départ, on a parfois l’impression d’être orienté vers une stratégie spécifique, ce qui peut conduire aux mêmes conflits récurrents si on joue toujours avec le même groupe. À mon sens, l’idéal est de faire tourner les civilisations d’une partie à l’autre pour garder la fraîcheur des affrontements.

Le verdict

Mare Nostrum est une belle découverte — tardive, mais marquée. Un jeu de civilisation qui tient en 1h30, qui génère des moments de table mémorables et qui, vingt ans après sa création, n’a rien perdu de son élégance. Comme quoi, certains jeux traversent le temps pour de bonnes raisons.

Le Temps d’un Tour.

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